Le billet disparu

 J’étais âgée d’environ cinq ans. A cette époque-là, ma mère, mes sœurs et moi vivions chez mes grands-parents. Mon anniversaire arrivait à grands pas mais il n’était pas le seul ; le lendemain du mien, ma chère grand-mère et mon cher grand-père fêteraient leur quarante et unième anniversaire de mariage. Je ne me rendais pas réellement compte de ce que ce nombre représentait pour eux, mais face à la joie partagée par leurs enfants et certains membres de la famille, je réalisais mieux l’importance de cet évènement. Ma naïveté et mon manque de réflexion dus à mon jeune âge rendirent ma joie telle que je pris l’initiative de leur acheter un cadeau. Oh ! Ce fut à cet instant que toutes les péripéties commencèrent…
Je voulais bien évidemment faire partie de la fête et y apporter ma contribution. Pour cela, rien de plus simple que d’acheter un cadeau, n’est-ce pas ? Mais comment ? Je n’avais pas un sou ! J’étais comme tous les enfants de mon âge : sans travail, nourrie, habillée, coiffée, logée… par mes parents. Soudain, une idée me traversa l’esprit. Je vous ai dit  que je manquais de réflexion… Je me dirigeai alors vers la chambre de mes grands-parents à pas de loup- Que j’étais excitée !- et pris discrètement 10€ du porte-monnaie posé sur la commode. J’avais réussi et mon cœur battait la chamade ! Comment ai-je pu penser que prendre ce billet, premièrement qui ne m’appartenait pas et en second lieu presque le voler était un acte sans gravité ? Des sous si durement gagnés. De plus, depuis quand  offre-t-on un cadeau payé avec le propre argent de la personne que l’on s’apprête à choyer ? Ça n’a aucun intérêt ! Victorieuse d’avoir avec tant de succès effectué la première partie de mon plan, je mis fièrement mon butin dans ma boîte à bijoux (Belle erreur !) et retournai ensuite à mes occupations.
Je me souviens que le lendemain matin, si heureuse en me réveillant, je mis en place un plan très simple, du moins qui me semblait très simple, et une montée d’adrénaline parcourut mon corps. À la fin de l’école, lorsque la sonnerie retentirait, il serait alors seize heures et je me précipiterais au bazar, une boutique située à l’intersection au bout de la rue et achèterais le cadeau parfait ! Malheureusement, mon plan tomba à l’eau lorsque ma grand-mère m’adjura de rentrer  immédiatement à la maison (car oui, j’avais emprunté le chemin le plus court et celui-ci passait devant le domicile de mes grands-parents). J’étais déçue et aussi révoltée que les syndicalistes guadeloupéens. De ce fait, je ne prononçai pas un mot de toute la soirée jusqu’à ce que ma mère criât mon prénom et fît trembler les murs de la maison.
Que se passait-il ? Avait-elle découvert mon plan ? Ou était-ce juste pour me gronder encore une fois car l’état de ma chambre était déplorable ? Quoi qu’il en soit, j’étais effrayée ! Ce que j’ignorais à l’époque, c’était que les mères découvraient TOUT. Et oui… elle m’avait démasquée. Moi, ancienne membre des Totally Spies, espionne aguerrie, experte des manigances ; sans même avoir eu le temps de me justifier, l’on m’avait capturée. Elle avait découvert le billet. Ce soir-là, je me rappelle avoir pris pas mal de volées car je multipliais les mensonges pour protéger mon secret. Je finis toutefois par dire comment je m’étais procurée ce billet car mentir ne faisait qu’accroître sa colère. Sérieusement, de quoi te doutais-tu ? Que ça l’enchanterait ? Voyons !
Je rendis le billet à mes grands-parents accompagné de mes plus plates excuses. J’étais blessée. Autant physiquement que psychologiquement. Outre la colère que j’éprouvais contre ma mère, ce qui me touchait le plus était que mon plan infaillible n’allait jamais voir le jour…
Maintenant que j’ai mûri et grandi, je suis heureuse que ma mère ait découvert ce billet et m’ait expliqué que ce n’était pas correct car sinon, à l’heure actuelle, j’aurais peut-être continué en pensant ne rien faire de mal et mon geste insouciant aurait pu devenir une habitude pour le plus grand malheur de mes proches et du mien.
MERVILLON Alizée, 3ème1

La jalousie

Ah la jalousie, 
Ce sentiment qui fait que tout le monde t'envie,
N'importe qui, moche ou joli.
Tous ceux qui prétendent être tes amis
Ne sont en fait que des bandits, 
Qui encore et toujours t'envient. 

DELANNAY Edwin, 4ème1

Toi, mon frère

Epreuve brevet blanc français  janvier 2021 : 

Mon petit frère est sûrement la personne avec laquelle j’ai passé le plus de bons moments. Il a deux ans de moins mais il est déjà plus grand que moi. Pour ma défense, c’est avec joie que j’aime lui dire « le double de ma taille mais pas le quart de mon talent ». C’est à la fois un bon et un mauvais petit frère.

Lorsqu’il est de bonne humeur, il est tel un soleil illuminant vos journées. Lorsqu’il est de mauvaise humeur, il est tel un orage gâchant vos journées. Quand j’allume la console pour faire une partie seul, en un battement d’yeux, il apparaît à côté de moi. Ah ! Quels bons moments nous avons déjà passés grâce à cette console !

Je me rappelle de la fois où nous étions allés dans un parc aquatique, excités à l’idée d’essayer tous les toboggans. Devant les toboggans, notre excitation s’envola, laissant place à la peur. Qui allait devoir faire le premier pas ? J’étais le plus grand, alors je pris mon courage à deux mains et je lui dis de passer le premier. Quel garçon courageux j’étais et je suis ! Passer en premier, cette idée ne l’enchantait guère. Alors nous y allâmes à deux comme de vrais bonhommes. Mais juste descendre un toboggan, ce défi manquait de piment. Celui qui arriverait en dernier devrait donner une de ses parts du gâteau préparé par notre mère. Aussitôt ma phrase terminée, mon frère s’élança telle une fusée. Je n’avais pourtant même pas donné le départ ! Sa joie se transforma en tristesse quand je lui annonçai qu’il devrait refaire l’attraction. Ce jour-là, je sacrifiai une de mes parts : j’avais perdu. J’avais perdu contre un plus petit que moi, j’avais honte ! Mais il accepta de faire « moité-moitié » avec moi.

De retour à la maison, nous apprîmes que ma mère avait organisé une chasse au trésor dans la maison. Le lot était de dix euros. C’était la chance de rattraper ma défaite. Ma mère nous donna à chacun une carte au trésor. A peine les yeux posés sur la feuille, nous comprîmes où était caché le trésor. C’était à celui qui serait le plus rapide ! Mon frère fit le tour mais moi, je sautai la barrière. Il était plus rapide, il rattrapait son retard. Mais heureusement, je gagnai le gros lot, pas si gros que ça. Mon frère était pris entre joie et colère. Il avait perdu, mais il savait que c’était à mon tour de faire « moitié-moitié ». En vérité, l’argent m’importait peu, tout ce que je voulais, c’était gagner.

 

RINOL William 3ème1

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